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Nul n'est parfait

Aujourd’hui j’ai eu envie d’écrire sur les conséquences dont on ne parle pas assez lorsqu’on énonce le projet bébé : l’état du couple après l’arrivée du dit bébé. Vous avez réussi à tenir votre couple durant des mois voire des années d’essais, de tentatives, de traitements hormonaux, et je vous félicite si vous avez réussi à garder la flamme et le désir envers votre moitié durant cette période, avec au bout : le graal de votre quête… votre enfant, celui que vous avez tant rêvé. Mais ce n’est pas le cas de tous. Si pour certains l’épreuve de la pma renforce le couple, il peut aussi faire ressortir ce que vous n’aviez pas soupçonné envers l’autre : de la fragilité, de l’égoïsme, de la lâcheté parfois aussi.

Les médecins disent que passés les premiers tests positifs, une femme qui a eu recours à une pma est une femme enceinte comme les autres… Certainement d’un point de vue physique mais psychologique ? Comment ne pas dire que cette grossesse a été encore plus désirée que les autres ? D’être passé par tant de traitements intrusifs, de jonglages avec notre agenda professionnel, ne nous donnent-ils pas plus de légitimité à nous dire que le plus dur est derrière nous et d’oublier avec ce regard plein d’amour (…après avoir mangé !) ou ce sourire d’ange de notre enfant (…quand il dort !) ? Eh ben je serais tentée de dire que oui. Nous sommes des mères comme les autres et des couples avec enfant comme les autres avec ce souvenir quand même que l’on a eu une épreuve de vie supplémentaire pour fonder une famille.

Au tout début de l’aventure « jeunes parents », nous sommes inondés d’amour pour notre enfant mais également tellement fatigué de nos nuits hachés par les tétés, les biberons, puis des cauchemars, terreurs nocturnes, bronchites- gastro-otites à répétition, et maladies infantiles. Puis vient le temps de la recherche de mode de garde, de reprise du travail et de la question numéro 1 du matin « qui va l’emmener et rechercher le soir ? ». Quand les 2 parents travaillent et ont un job qui leur plait qui doit faire la concession ? A-t-on décidé d’avoir un enfant pour le confier à une baby-sitter et ne le voir que le we ? Je ne juge pas, il y a des parents qui n’ont pas le choix.

Depuis plusieurs jours, je me sens vidée, et dans les mauvais jours je constate qu’on se dispute parfois avec Doudou pour des futilités, notre discussion du soir tourne à 90% de la routine de la maison, des tâches ménagères, et enfin du bien-être et éducation de notre fille. Et les 10% restant alors ? J’aimerai dire qu’il s’agit de notre couple, mais force de constater qu’il peut faiblir jusqu’à 5% voire moins. J’aimerai dire que nous ne nous laissons pas aller mais non c’’est vrai. On se laisse porter et même parfois j’ai l’impression que l’on joue au papa et à la maman !!! Terrifiant constat. Mais heureusement, on se parle, on se dit les choses même blessantes mais on s’explique, on partage, et on rebondit.

Exemples de tranches de vie :  

Je fais un effort un soir de faire la surprise à mon chéri d’un petit plat maison, et il me reproche de ne pas avoir rangé la cuisine. Quel mufle ! Oui je le prends mal : Quoi ??? J’ai passé plusieurs heures dans la cuisine et il me reproche de ne pas ranger dans la minute !? Surtout que c’est moi qui me tape le grand ménage à chaque fois ! Avec le recul, je le prends mal parce que j’attends de la reconnaissance et non une observation objective que oui j’ai tendance à foutre le bordel une bonne fois et à ranger à la fin. Après mise au point : 1/il m’encourage à renouveler l’expérience car il sait que je l’ai fait avec amour (mais quand même quel bordel !) 2/il m’aide à ranger 3/il mange ce que j’ai préparé avec sourire même si ce n’est pas forcément réussi !

Lui m’exaspère à répéter tout le temps à notre fille « Ecoute ta mère » et dire « c’est pas grave » dès qu’elle se fait mal voire une maladresse (bon à la fois faut choisir ses combats et il y a une justice car la coquine le lui ressort à chaque fois maintenant quand elle fait une bêtise !). Mais à la fois, il s’occupe bien d’elle tous les matins car je ne suis pas très matinale (je ne l’ai jamais été). Moi, en bonne mauvaise mère, j’attends le jour béni où elle saura se servir toute seule son lait au chocolat et allumer la télévision pour mater les dessins animés le temps que j’émerge et prenne ma douche.

Je lis des témoignages de jeunes mamans, qui se séparent du père de leur enfant. Que c’est triste et quel gâchis. Si l’amour ne se commande pas, il s’entretient aussi. Lorsque les reproches amers et les non-dits explosent trop souvent au détour d’une discussion anodine, c’est le signe qu’il faut poser à plat et faire un temps mort pour avoir une VRAIE discussion.

Je mentirai si je n’ai jamais eu envie de tout plaquer voire d’avoir eu des idées noires depuis l’arrivée de notre fille. Et c’est humain. Notre vie est bouleversée, il est temps d’écrire une nouvelle histoire, de construire notre famille, dont chaque membre a le droit de pas être parfait.

Comme dans une des chansons du film Disney préféré du moment de l’oisillon « La Reine des Neiges » (si vous avez une fille, vous êtes foutu !!! Ce sera karaoké tous les soirs…) dont voici un extrait « Il est peut-être un peu moins que parfait, Mais on est sûrs qu'un jour, Il pourra devenir presque parfait, Il suffit d'un peu d'amour! ».

A mon travail, il y a une femme consultante comme moi, et mère célibataire !!! Mais comme fait-elle ? Alors que nous avons du mal avec Doudou à trouver notre équilibre avec les déplacements et horaires contraignants de nos clients respectifs ? Eh bien, elle m’a avoué son secret d’avoir une nounou super, et qui a elle-même une famille prête à l’aider en cas d’imprévu ou d’extra !!! Elle est radieuse, intelligente, et même canon. Elle déborde d’énergie et a même décidé de partir 6 mois avec son fils de 4 ans en voyage avec une autre mère célibataire. Une vraie célibattante je suis admirative. J’ai vu son fils à la soirée de Noël de ma société, il est magnifique et très éveillé. Alors bien sûr tout n’est pas parfait dans sa vie mais elle a trouvé son équilibre de vie.

 

Accepter que l’autre n’est pas parfait, cela nous permet aussi d’accepter qu’on a droit de l’être aussi. Finalement une pression en moins ! 

Allez tous en coeur : Libérée, Délivrée !!!



Plume 14/01/2015 15:19

Oh ben non, nul n'est parfait !
Tranche de vie ici aussi : des chaussettes sales de mâle entassées dans un placard... hop ! toutes déposées devant l'entrée ! LOL !